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la
Chapelle du Fraisse inspire les artistes :
| Vois, me dit-elle
...
Vois, me dit-elle (ma mère) un
jour, ce manoir triste et sombre
Qu'on aperçoit d'ici presque caché
dans l'ombre
De ces immenses bois aux rameaux toujours
verts
Que la neige blanchit pendant nos longs
hivers,
Regarde, ce fut là, dans ce lieu
solitaire
Le berceau d'un héros que le pays
vénère
Et que la France entière envie
à nos côteaux,
Son nom ne mourra pas; ce fut Jourda de
Vaux
Digne de son vieux sang et fier de caractère
Il voulut des combats embrasser la carrière
Il fut juste, sévère, intrépide
et vaillant,
Et bientôt on le vit briller au
premier rang,
La Corse, par son bras fut soumise à
la France
Depuis trois mois cette île était
en sa puissance
Quand le grand empereur naquit sujet français.
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Jourda de Vaux Portrait |
Sculpture de P. Julien |
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Quoique De Vaux marchât de succès en succès
Il n'oublia jamais sa modeste demeure,
Bien plus quand il sentit venir sa dernière heure,
Il voulut que son corps reposât en ces lieux
Dans les mêmes caveaux où dormaient ses aîeux,
C'était, avait-il dit, pour que loin de la ville
Son souvenir servit d'exemple à sa famille.
Déja Julien l'artiste (1) apprétait ses ciseaux
Pour faire un monument digne de ce héros
Quand des hommes sans coeur, dans le grand cataclysme
Se livrant aux exces d'un affreux vandalisme
Et promenent partout la rapine et le deuil
Ne virent que le plomb qui couvrait son cercueil,
Ils le brisèrent, puis dans une rage cruelle
Ils jetèrent au vent sa dépouille mortelle,
De ses restes, plus rien... De Vaux fut le dernier
Des barons d'Artias et de Roche en Reynier
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auteur inconnu
(1: Julien Pierre , né à St Paulien
en 1731, mort à Paris en 1804 fut un des
plus grands sculpteurs du XVIII ) |
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| LA CHAPELLE DU FRAISSE
non canimus surdis:
respondent omnia silva .Virgile (2)
Virgile a fait cette épigraphe
Pour le décor de l'autre jour.
L'arbre répond..... Nul n'était sourd....
Ni le tombeau sans épitaphe
Qui reposait en ce séjour
Avec ses cendres inconnues
Ni les filles des champs venues
Ni l'oiseau passant dans les nues
Ni l'écho répétant le chant du
troubadour....
Pour le décor de l'autre jour,
Virgile fit cette épigraphe.
Ni le paladin endormi
Dessous la stèle dure et grise
Emmy l'herbe, heureusement gît,
C'est qu'il est bercé par la brise,
C'est que parfois, en ce séjour ,
Le rossignol chante Mâtines,
Le grillon répond en sourdine....
Ils ne chantent pas pour un sourd!
Les morts entendent bien les chants des troubadours,
Et le paladin sous sa stèle
A senti l'éventer une aile
Dans le décor de l'autre jour.
Cependant tout était tranquille;
Des chiens, des femmes, des enfants,
Des sarreaux bleus de paysans ...
Comme on était loin de la ville!...
Un porche, une ogive, un ravin
A la perspective profonde....
Un murmure indécis, lointain
De vent, de gazouillis ou d'onde....
Un ambitieux poète eut choisi ce décor
Pour écouter chanter encore
Les cordes de sa tendre lyre....
Et moi, pauvre, humble, émue, hélas!que
faut il dire
En écoutant chanter mes vers en ce décor?...
Elisabeth Magnin
2. traduction : nous ne chantons pas pour
les sourds , les forêts répondent
en tout "
nota : Elisabeth Magnin , peintre miniaturiste
et poète , née à Aurec en
1878 , décédée en 1946
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| LE" SAUT DU CHIEN "
C'est un beau soir d'avril ; le clair
printemps exhale
Ses parfums capiteux ; dans l'air pur
et vibrant
De blanches fleurs des champs offrent
leurs frais pétales
Au soleil lumineux qui vient les carressant.
Dans les lointains dorés le joyeux
coucou chante,
Mêlant son doux appel au murmure
du vent
Dont la plaintive voix l'accompagne et
m'enchante...
Quel magique concert!...et combien émouvant!...
Dans le sous bois tout près, lançant
sa claire aubade
Un oiselet charmeur gazouille éperdument...
Reviens au "saut du chien ",
belle et fraiche cascade,
Te reposer du bruit dans le jour déclinant
;
Lorsque tu rentreras tard de ta promenade
Tu trouveras meilleur le foyer qui t'attend
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Jeanne Barthélemy
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Aquarelle de J. Girodet
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Les gorges du
Ramel
N'en pas parler, serait omettre
Un des endroits les plus fameux
Qu'en Haute Loire on doit connaître,
Torrents aux flots tres écumeux.
Dans ses gorges profondes,
Même à pic quelquefois,
Le bruit léger des ondes
Se perd au sein des bois.
De sa source à la Loire
C'est un décor divin.
Qui pourrait jamais croire
Aux splendeurs d'un ravin ?
Allez donc aux Esclunes,
Escaladez ses rocs;
Vous rirez bien des dunes
Dans l'abime et ses cros!
De Beaux à l'embouchure
Vingt clichés merveilleux
Orneraient la brochure
Qui décrirait ces lieux.
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Eugène David ( in : "Fleurs
Vellaves et Stéphanoises " 1938)
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Tableau à l'huile de Marcel Royer
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